Chroniques Chroniques sept. 2011 à déc. 2012 Don et management

Billet d’humeur 1/4 : Les professionnels du lien ont des ressources à mobiliser, mais ils ne sont pas des ressources à exploiter !

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21 décembre 2011

Deuxième chronique décembre 2011

Nous assistons à un regroupement des associations du secteur social et médico-social (SSMS). Au-delà de la réorganisation légitimée par les tensions budgétaires, on assiste à des transformations culturelles insidieuses aux conséquences inquiétantes.  Ces regroupements  se traduisent par une réorganisation des directions générales qui se voient enrichies, outre de services financiers, de services du personnel et/ou de « ressources humaines », de communication etc.

Un complexe d’infériorité à l’égard du modèle managérial libéral semble habiter trop de dirigeants du SSMS, ils sont convaincus que leur légitimité tient à leur capacité à gérer leur association comme on gère une entreprise. Je voudrais insister ici sur la manière d’appréhender les « ressources humaines ». Le SSMS possède les ressources pour développer une approche originale, singulière des relations de travail, autrement dit une culture des ressources humaines… humaniste (Cf. Don et management).

Les associations embauchent de plus en plus de personnes ignorantes de la culture du secteur et qui n’en comprennent pas toujours les codes : « c’est incroyable lorsque l’on demande quelque chose aux éducateurs, ils veulent toujours comprendre pourquoi on leur demande ». Eh oui un éducateur a besoin de saisir le sens de ce qu’il fait… !

Ces nouveaux professionnels n’ont pas reçu les formations qui leur permettent de saisir que des relations pour être humaines, même dans un contexte professionnel, nécessitent par exemple d’accepter de recevoir (je reviendrai sur ce point dans ma prochaine chronique). Au contraire, les écoles de commerce, et de management affirment l’inverse !

La responsabilité des dirigeants est grande, qui embauchent sans précaution de tels profils comme si cela allait de soi (le secteur de la santé rencontre les mêmes difficultés). Ces « entrepreneurs sociaux » soucieux de « moderniser » le secteur sont enferrés dans des représentations archaïques dont ils sont convaincus qu’elles sont modernes.

Or, la modernité serait d’intégrer dans leur management le principe suivant : les relations de travail ne peuvent faire l’impasse sur la relationnalité. Le secteur social et médico-social constitue un laboratoire privilégié pour montrer l’opérationnalité de la relationnalité, parce qu’il ne fabrique pas des savons, mais accompagne des êtres humains. Ne détruisons pas ce qui fait sa force et sa singularité. Les salariés ne sont pas des ressources à exploiter, ils ont des ressources que l’organisation du travail leur permet de mobiliser.

Prochaine chronique dans une semaine

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